Les contours de sa vie

Magali Selabre est née à la peinture comme on naît à la vie, avec joie, curiosité et enthousiasme.

 

De ses parents, amateurs de voyages et de culture, elle a hérité la passion du monde, des êtres, des rencontres et des expressions éclectiques de l’art. Formée aux techniques du multimédia, sensible aux formes dynamiques du Street art ainsi qu'aux musiques actuelles, cette jeune urbaine autodidacte a flirté avec la mode en posant comme modèle et en défilant pour de jeunes créateurs. Adolescente elle a découvert  les danses Latino-Afro-Caraïbéennes qu’elle a pratiqué  en professionnelle. De la danse à l’Action painting, il n’y a d’ailleurs qu’un pas.

 

Si, au premier regard, les tableaux de son œuvre naissante semblent évoquer l’histoire de l’expressionnisme abstrait, les très nombreuses références picturales qu’on y décèle soulignent plus un état de fait qu’une réelle influence, tant l’art abstrait s’est imposé à présent comme une réalité.

 

Autour de sa palette, Magali Selabre invite sans protocole les traits de couleurs pures de Georges Mathieu. Calligraphie jaillissante et fragile d’un monde vécu comme un champ de bataille de couleurs. Ses fulgurants coups de pinceaux ou de brosses projettent naturellement Pollock et Kline dans l’ère de l’Internet.  Magali Selabre vit son art comme une nécessité impérieuse, le corps engagé au plus près de la matière. Pourtant, comme chez De Kooning, des lèvres, un œil, vestiges d’un monde ancien, surgissent parfois du chaos. Le déchaînement se change en de vibrants rectangles de coloris vaporeux à la Rothko.

 

Cette énergie impétueuse n’est peut-être  finalement que l’image en trompe l’œil d’une enfance qui ne cesse de se renouveler.

 

Pierre Forni